Nomade au plus profond d’elle-même

Merci à Miguel Moura pour sa présentation fine et sensible d’Élisa Shua Dusapin!

Élisa Shua Dusapin,

est habituée aux voyages, au mouvement perpétuel, aux pays visités, habités ou juste traversés.

Nomade au plus profond d’elle-même, elle a trouvé avec son premier livre un ancrage. Un lieu commun et multiple et qui voyage comme elle. Qui prend racine chez ses lecteurs. Ils y déambulent à leur tour dans ses paysages à elle, qu’ils repeignent à leur guise.

Toujours en voyage et pourtant jamais en vacances, absorbée qu’elle est par ses questionnements et ses ruminations qui trouvent dans l’écriture leur exécution… C’est un regard, une scène du quotidien qui la touche, la peur de l’avenir et du monde dans lequel elle vit, la politique internationale et ses démesures, la question coréenne ou encore l’immigration.

La violence du monde devient chez Élisa quelque chose qu’elle montre à travers des non-dits, des angles morts que son écriture éclaire par ricochet.
Les rêves écrasés sont eux exprimés par la description et le dialogue des corps.

Elle utilise invariablement l’expression artistique (l’écriture, la danse, le théâtre ou la musique) pour sonder son rapport au monde et ainsi mieux se définir.

Elle cite Le vide et le plein de Nicolas Bouvier pour illustrer son travail. La construction de son écriture qui se fait en amont, avec le ressenti de ses expériences vécues, traduites ensuite seulement en mots, en phrases, en mondes nouveaux.

Elisa Shua Dusapin a bien voulu partager avec nous un peu de son univers visuel avec ses photos ici projetées.

Le groupe, un spectacle écrit en 2015, son premier mandat professionnel, avec Thierry Romanens dans le rôle principal. Une expérience magique.

Le train où elle passe une grande partie de sa vie avec ses livres qui prennent toute la place dans ses bagages.

Le brouillard, près de chez elle dans le Jura, et la nature où elle aime énormément se promener.

La mise en scène avec des objets et figurines, pour jouer avec la notion de réalité et d’imaginaire.

Et les barbelés, une vue de Sokcho qui l’a beaucoup inspirée…

Je souhaite la bienvenue à Élisa et une belle soirée à vous tous ici présents.

(Présentation de la rencontre Tulalu !? du 12.02.2018 avec Élisa Shua Dusapin)

Miguel Moura