{"id":378,"date":"2021-06-26T10:57:00","date_gmt":"2021-06-26T10:57:00","guid":{"rendered":"https:\/\/tulalunew.rvpb.ch\/?p=378"},"modified":"2022-02-11T15:21:42","modified_gmt":"2022-02-11T15:21:42","slug":"rencontre-avec-timba-bema","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tulalu.ch\/?p=378","title":{"rendered":"Rencontre avec Timba Bema"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A l\u2019invitation de Tulalu&nbsp;?!, le vendredi 25 juin dernier, l\u2019\u00e9crivain et po\u00e8te cam\u00e9rounais, faisait halte \u00e0 la Ferme des Tilleuls, pour nous proposer une variation po\u00e9tique de son ouvrage \u00ab&nbsp;Les bateaux sombrent-ils en silence&nbsp;?&nbsp;\u00bb paru en 2019 aux Editions Stellamaris. Pour l\u2019occasion, l\u2019auteur \u00e9tait accompagn\u00e9 du musicien burkinab\u00e9 Sinaly Zon, un joueur de N\u2019goni r\u00e9put\u00e9. Cet instrument \u00e0 cordes pinc\u00e9es est \u00e0 ne pas confondre avec la kora qui lui ressemble quelque peu.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/tulalu.ch\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/DSC00215-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-7555\"\/><figcaption>photo: Miguel Moura<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans son costume orange brod\u00e9 de mille couleurs, Timba Bema, adepte passionn\u00e9 des lectures performances, a d\u2019entr\u00e9e, comme le ferait un pr\u00e9dicateur, invit\u00e9 le public pr\u00e9sent \u00e0 sortir de la mort, sortir de la pand\u00e9mie, sortir du spectre mortifiant du coronavirus pour se plonger dans une toute autre r\u00e9alit\u00e9, celle des migrants qui n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 braver la M\u00e9diterran\u00e9e pour assouvir leurs r\u00eaves de libert\u00e9 et de dignit\u00e9. Le point de d\u00e9part de \u00ab&nbsp;Les bateaux sombrent-ils en silence&nbsp;?&nbsp;\u00bb est la destin\u00e9e de Jos\u00e9phine, de son vrai nom Josepha, partie du Cameroun pour tenter de rallier&nbsp;\u00abcette Europe p\u00e9trie d\u2019arrogance et de richesses&nbsp;\u00bb comme le clame Timba Bema.&nbsp;\u00abTu r\u00eavais de sauver ta peau, Jos\u00e9phine, tu fus sauv\u00e9e des eaux mais pas des c\u00f4tes lybiennes et de ses terribles d\u00e9rives&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le drame de Jos\u00e9phine fera le tour des r\u00e9seaux sociaux. Il va inspirer le po\u00e8te qui l\u2019imagine mont\u00e9e \u00e0 bord d\u2019un bateau fant\u00f4me dont le seul ma\u00eetre \u00e0 bord est un capitaine Tristesse. Contre monnaie sonnante et tr\u00e9buchante, il transporte des corps et des c\u0153urs remplis d\u2019esp\u00e9rance qui remettent leurs destins ignor\u00e9s entre les mains des Dieux des oc\u00e9ans. Pour oublier l\u2019ennui de la travers\u00e9e, pour chasser sa tristesse, ce commandant d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, sourd aux appels d\u2019en bas, \u00ab&nbsp;Capitaine on a soif, Capitaine on a faim&nbsp;\u00bb, se contente de faire parfois monter, du tr\u00e9fonds de la cale de son navire, les clandestins qui pour att\u00e9nuer son d\u00e9sespoir vont passer par ses mains cruelles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et comme pour Timba Bema, la po\u00e9sie vivante est de l\u2019ordre du th\u00e9\u00e2tre, &#8211; pour s\u00fbr la meilleure rencontre entre le po\u00e8te et le public -, ses mots sont tant\u00f4t chant\u00e9s, tant\u00f4t siffl\u00e9s, tant\u00f4t scand\u00e9s, pour finir par remplir tout l\u2019espace. Ce capitaine pour tous les capitaines, ce bateau pour tous les bateaux, cette cale pour toutes les cales des rafiots \u00e0 avoir, au cours des si\u00e8cles, travers\u00e9 les mers, le ventre plein d\u2019infortun\u00e9s aux r\u00eaves inatteignables. Comme si en d\u00e9finitive l\u2019humanit\u00e9 \u00e9tait n\u00e9e dans la cale d\u2019un bateau.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/tulalu.ch\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/C0001.7839.Still004-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-7556\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Englu\u00e9 dans la malchance, la Mal Chance, le bateau finit par sombrer. Sur la rive Nord du d\u00e9sir viennent s\u2019\u00e9chouer les corps\u2026. la voix des migrants, des \u00eatres libres qui n\u2019aspiraient qu\u2019au bonheur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8220;Jusqu&#8217;\u00e0 quand va-t-on observer cette catastrophe sans vraiment comprendre ce qu&#8217;elle veut dire&nbsp;?&#8221; s\u2019interroge Timba Bema. \u00ab Qui sont ces gens, pourquoi se lancent-ils dans cette aventure p\u00e9rilleuse ? S&#8217;ils prennent autant de risques, n\u2019est-ce pas qu\u2019ils sont priv\u00e9s de ce qui est le plus cher aux \u00eatres humains : la libert\u00e9\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Timba Bema a, lui, choisi de leur donner une voix. Si les po\u00e8tes ne r\u00eavent pas, qui va r\u00eaver&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jean de Preux<\/p>\n\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l\u2019invitation de Tulalu&nbsp;?!, le vendredi 25 juin dernier, l\u2019\u00e9crivain et po\u00e8te cam\u00e9rounais, faisait halte \u00e0 la Ferme des Tilleuls, pour nous proposer une variation po\u00e9tique de son ouvrage \u00ab&nbsp;Les bateaux sombrent-ils en silence&nbsp;?&nbsp;\u00bb paru en 2019 aux Editions Stellamaris. Pour l\u2019occasion, l\u2019auteur \u00e9tait accompagn\u00e9 du musicien burkinab\u00e9 Sinaly Zon, un joueur de N\u2019goni r\u00e9put\u00e9. 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