Rencontre avec Adrien Gygax

Se réjouir de la fin à l’EMS de la Rozavère ou le retour d’Adrien Gygax sur le lieu de création de son dernier roman.

A l’invitation de Tulalu, le lundi 13 septembre dernier, le jeune auteur vaudois faisait un retour tout en douceur sur les lieux mêmes qui ont très largement inspiré son dernier roman, « Se réjouir de la fin » paru en février 2020 chez Grasset. C’est en effet à l’EMS la Rozavère, sur les hauts de Lausanne, où il a œuvré quelques mois comme consultant qu’Adrien Gygax a imaginé son récit : une succession de petits bonheurs vécus dans l’institution par un résident nonagénaire épicurien, au seuil de sa vie.

© Miguel De Moura

Interrogé par Sabine Dormond, accompagné pour l’occasion par le comédien Guillaume Prin pour les lectures, l’auteur s’est fait un point d’honneur de s’adresser en premier lieu aux résident.e.s du home présent.e.s, davantage peut-être qu’au nombreux public qui avait fait le déplacement. Aux yeux d’Adrien Gygax, pour garder la joie, une fois entré dans « le bloc de béton » que constitue l’EMS, il faut impérativement lâcher prise et ceci dans tous les compartiments. Se détacher du matériel, rappeler ses souvenirs, dessiner comme un enfant, ne plus se sentir concerné, aimer encore, voyager avec la musique, faire le sourd, contempler le ciel en fin de journée, bref se réjouir de la fin ! Un message visiblement reçu cinq sur cinq par les pensionnaires de la Rozavère, ébahi.e.s qu’un jeune homme d’à peine 30 ans ait pu aussi aisément se projeter dans les derniers instants d’un hôte d’une maison de retraite. Rien ou presque ne serait venu rompre cette quasi félicité si dans le public «extérieur », une dame n’avait interpelé l’auteur pour lui demander s’il n’y avait tout de même pas une différence fondamentale entre les lâcher-prises imaginés et les très nombreux petits deuils auxquels on était contraint dans le grand âge. Mais Adrien Gygax a botté en touche. Peut-être était-il déjà ailleurs, en l’occurrence dans la tête d’un cadre de Philip Morris, la trentaine, qui envoie tout balader, thème de son prochain roman.

© Miguel De Moura

Ah, oui juste une chose encore de cette belle soirée Tulalu !?, le magnifique apéritif salé, puis sucré, proposé par les Escapades gourmandes de Xavier Bats, génie culinaire du lieu.

Jean de Preux