Rencontre avec Christine Grobéty

Pour notre dernier rendez-vous de l’année, nous sommes allés à la Maison de la Femme, Av. Églantine 6, à Lausanne. Le lundi 13 décembre à 19 h, nous y avons rencontré Christine Grobéty autour de Drôle d’oiseau (Editions Pour ainsi dire, 2019).

L’accompagnement musical a été assuré par Jeanne Gollut à la flûte de pan. Sima Dakkus a animé le rendez-vous.

Christine Grobéty a exercé les professions de bio-généalogiste, correctrice, enseignante et écrivaine. Sa vie durant, elle s’est mise au service de la langue qu’elle a appréhendée à la manière d’une orfèvre. Aujourd’hui, elle exerce son art entre autres au sein du collectif des Dissidents de la pleine lune.

À côté de l’écriture, elle a d’autres amours, à commencer par la musique, les oiseaux parfaitement représentés en ce lundi 13 décembre par la flûte de pan, et la forêt, que ce soit celle des sentiers sylvestres ou celle de l’inconscient. Des amours qu’elle définit comme des souffles de vie qui la nourrissent, par opposition à la passion qui, elle, dévore.

Le livre du jour est une fable animalière qui a pour vocation d’aider les lecteurs à débusquer un ou une pervers.e narcissique. L’auteure s’inspire de son propre vécu. Car avant de constituer un livre, les premières pages ont été une thérapie, une tentative de se soustraire à l’emprise d’une relation délétère.

Ce sont les retours des premiers lecteurs qui ont incité Christine Grobéty à transposer ces pages noircies de ses noirceurs dans une histoire. Grâce à ces personnes qui ont lu le livre avec la même intensité qu’elle-même avait mis à l’écrire, l’auteure s’est rendue compte que ce pourrait être un formidable outil de prise de conscience.

Quand les notes ont pris la forme narrative d’un conte, l’auteure était guérie. Car tant qu’on est dans la blessure, relève-t-elle, on reste recroquevillé sur sa douleur et incapable de la distanciation de l’écriture.

Lors de la rencontre, Christine Grobéty nous lit plusieurs passages de son livre qui chacun illustre une étape du processus décrit : le signe avant-coureur, la rencontre et la flatterie, l’engrenage toxique de la relation et enfin la solution. Elle-même l’a trouvée dans la fuite.

Comme tout conte, celui-ci a une propension initiatique. Il critique aussi l’attitude de la société qui priorise le paraître au détriment des valeurs de cœur. Quant à la moralité qu’il véhicule, on pourrait la résumer ainsi : On n’est pas coupable de son malheur, mais on est responsable de s’y enliser.