Sabine Dormond, invitée de Tulalu!?, au cinéma Bellevaux, à Lausanne

Merci à Francis Richard pour son compte rendu de notre soirée avec Sabine Dormond. Vous pouvez retrouver l’original ici.

Hier soir Tulalu!?recevait Sabine Dormond, au Bellevaux, à Lausanne. La Présidente de l’Association vaudoise des écrivains était soumise à la question par Pierre Fankhauserau sujet de ses deux derniers livres Ma place dans le circuit (2018) et Les parricides(2017). Pierre ne fut pas trop piquant…

Miguel Moura

Miguel Moura

Dans sa désormais rituelle mise en boucheMiguel Moura souligne que l’invitée commet surtout des textes courts et percutants. En l’occurrence il s’agit de parler ce soir avec elle d’un recueil de nouvelles et d’un micro-roman.

Sabine Dormond et Pierre Fankhauser

Sabine Dormond et Pierre Fankhauser

La nouvelle est son genre de prédilection (n’est-ce pas dans son ADN?). Elle part d’une idée, qui peut être une phrase ou une émission qu’elle a vue à la télévision. Et cette idée, elle a hâte de la développer avant qu’elle ne lui échappe.

Une fois qu’elle se met écrire, une phrase pousse l’autre. Combien de pages va-t-elle écrire? Elle n’en sait rien a priori, mais ce qui lui importe, c’est d’aller au bout de son idée et de ne pas laisser d’autres idées interférer avec elle.

Elle donne la parole indifféremment à un narrateur ou à une narratrice. Elle n’a pas de difficulté à se mettre dans la peau d’un homme ou d’une femme. Et ses hommes ne sont pas nécessairement durs, ni ses femmes douces…

En fait elle a une grande empathie pour ses semblables. Sans doute est-ce parce qu’elle a la fibre sociale (son père était socialiste et des réunions du parti se déroulaient à la maison): elle traite surtout de sujets sociétaux.

Pour elle, la liberté et l’engagement vont de pair. En effet la liberté, c’est de pouvoir choisir. Or il ne s’agit pas pour elle de choisir de ne rien faire, mais, au contraire, de faire quelque chose, c’est-à-dire de s’engager.

Il y a plusieurs façons de s’engager. C’est cependant dans l’écriture qu’elle a trouvé sa voie, l’écriture qui, depuis toute petite, est sonmoyen d’expression. Elle peut en tout cas, grâce à elle, exprimer son impuissance devant l’injustice.

Elle est parfois surprise que l’écriture l’ait menée aussi loin dans la satire. Elle croit être caricaturale alors que la fiction qu’elle a imaginée se révèle en-deça de la réalité. Et sa façon de la dire est toujours assortie d’humour…

Naguère les chutes de ses nouvelles étaient plutôt du genre brutal. Elles le sont certes moins aujourd’hui, mais elles font bien une fin à ses histoires brèves, qui ne supposent donc pas de suites.

Quand elle écrit, elle tient compte des remarques que lui fait son entourage, celles notamment de sa soeur Hélène ou de son ami Olivier, ou d’autres lecteurs et lectrices.

Elle trouve toutes remarques pertinentes. Elles lui permettent de ne pas avoir à mettre son texte de côté pour le reprendre après l’avoir laissé un temps en quelque sorte reposer.

En quête donc d’observations, elle remanie son texte et l’améliore si elles sont suffisamment précises. Malheureusement tous les éditeurs ne font pas ce travail avec leurs auteurs et elle le déplore.

Muriel Jeker, Olivier Chapuis et Sabine Dormond

Muriel Jeker, Olivier Chapuis et Sabine Dormond

Sabine Dormond et Olivier Chapuis

Sabine Dormond et Olivier Chapuis

Muriel Jeker

Muriel Jeker

Les rencontres de Tulalu!? laissent une large place aux lectures et à la musique. Hier soir l’assistance aura bénéficié des deux modes d’hommage aux textes de l’auteure.

Les lectures ont été faites à trois et à deux voix, la musique à une voix et à plusieurs instruments, parfois très techniques, ce qui ne nuisait pas pour autant à leurs réelles qualités artistiques.

Pour l’occasion, Muriel Jeker a composé des chansons en lien avec les textes des deux livres dont il a été question, qui plus est en français, pour changer de l’anglais qui est sa langue d’artiste.

Aussi était-ce une belle soirée de promotion de la littérature romande, qui tient tant à coeur à Sabine Dormond et dont elle est actrice à plus d’un titre: auteure elle-même ou présidente de l’Association vaudoise des écrivains.

Cette soirée était aussi une reconnaissance de la part d’une association littéraire, Tulalu!?, dont c’est également le but, dont elle avait fait le rêve d’être un jour l’invitée, sans que jamais il ne se réalise…

Cette soirée était enfin une histoire courte, trop courte, avec une chute, puisqu’il aura suffi de tirer sur le ruban de cette idée de rencontre pour qu’elle devienne un beau jour réalité et se termine en applaudissements…

Francis Richard