La honte et le bonheur

Tulalu !? Tulalu!? c’est pour moi déjà de nombreux de souvenirs, car j’en accompagne l’activité quasi depuis le début. Avec d’autant plus de plaisir et d’intérêt que je fus, il y a bien longtemps déjà, au début des années 1990, l’un des animateurs du « Crachoir ». Le cabaret littéraire du théâtre de l’Arsenic, au beau temps de Jacques Gardel. Et qui ouvrit la voie – v o i e mais aussi v o i x – aux lectures publiques d’aujourd’hui.
Mon premier contact avec Tulalu !? remonte à la fin de l’été 2009.
J’étais à la radio, devant mon écran, à mon poste de travail des Nouvelles. Quand je reçois un courriel d’une certaine Carole Dubuis, qui me parle de Tulalu !?, me demandant si je viendrais y présenter mes livres. J’en suis évidemment très touché. En même temps, comme ma correspondante ne dit rien d’elle, je lui demande par retour de courriel qui elle est.
C’est alors que, à ma grande honte – et j’en suis toujours immensément confus aujourd’hui encore – c’est alors qu’elle me répond : « mais je suis en face de vous, au pilotage ! » Oui, confus. Au pilotage : c’est-à-dire à quelques mètres seulement, à la grande table où se réunissent tous les responsables de la rédaction pour la journée et que l’on appelle de ce fait le pilotage. Car Carole travaillait à la radio, comme assistante de production, et je ne le savais pas. Oui, honte.
Depuis, nous ne nous sommes plus guère quittés. Et nous sommes bien vite devenus amis, sinon complices. Puis en janvier 2010, Tulalu !? me consacrait une soirée à l’occasion de la parution de mon roman La Terrasse des éléphants, sorti à l’automne. Là encore je n’oublierai pas ce moment. C’était au Zinéma.
Ce qui me frappa d’emblée, c’est tout à la fois – oui – l’extrême jeunesse de l’assemblée et des animateurs de Tulalu !?. Voilà qui soudain changeait quelque peu de l’auditoire vieillissant du Cercle littéraire ou de celui des Arts et lettres à Vevey ! Et puis, surtout, dois-je ajouter, l’extraordinaire sérieux des questions posées. Leur profondeur, leur pertinence. L’attention et le soin mis à la lecture des livres. De la part de Carole, bien sûr, mais aussi et tout autant de la part de Miguel. Avec l’espèce de passion qui brûle dans son regard.
Par la suite, une autre soirée me fut encore dédiée, consacrée cette fois à un récit d’enfance. Et puis, toujours dans l’intervalle, vous m’avez demandé d’être le parrain de Tulalu !? Ce qui, croyez-moi, représente un honneur qui m’a infiniment touché. Et qui m’a permis d’être durablement de l’aventure de Tulalu !? Même si ce fut souvent de loin.
Oui, grand merci. Mille merci. Longue vie !