La ville où je me suis initiée à l’écriture

Sans un précieux Fil de soie* et un Sage imprégné de bouddhisme**, je ne me serais pas retrouvée dans ma ville natale, le 3 novembre 2016, au cœur de Tulalu !?***.
Je n’aurais pas découvert le nouvel écrin des Arsenaux qui suscitaient mon effroi lorsque j’étais enfant. Et si les canons qui me narguaient à la rue de Lausanne allaient tirer me demandais-je.
Quelques décennies plus tard, les Arsenaux de Sion ont définitivement changé de vocation. La Médiathèque de Sion est devenue un haut lieu du livre où il fait bon rencontrer des lecteurs, écouter des auteurs, s’attarder sur des livres, écouter de la musique, à défaut d’oiseaux…
Le 3 novembre, la flûtiste Delphine Grataloup ponctuait en douceur les questions-éperons de Pierre Fankhauser sur mes deux derniers-nés**** :
Et dire que j’aurais pu, à une certaine époque et suivant les mots du Frère Arthur, traiter la ville où je suis née de « supérieurement idiote entre les petites villes de province »…
Sion est tout de même la ville où je me suis initiée à l’écriture et à la lecture, où le secret d’Anna Karénine me fut révélé.
La ville aussi où j’ai un peu tâtonné, entre le rêve de partir – à Charleville-Mézières d’abord puis au bout du monde – et celui d’écrire, ces deux vocations n’étant au reste pas contradictoires.
C’est à Sion que j’aurai écrit et publié mes premiers textes et poèmes.
Tulalu !? a le grand mérite de nous ouvrir à d’autres horizons : ceux de nos compagnons d’écriture et de musiciens parfois solitaires, ceux de lecteurs qui deviennent, le temps d’une soirée ou pour toujours, nos frères et sœurs humains.

* Le Fil de soie, nouvelles, de Sylvie Blondel, L’Aire, 2012.
** Pierre Fankhauser, auteur et animateur de Tulalu !?
*** Tulalu !?, café littéraire créé en 2007 par Miguel Moura visant à promouvoir la littérature de Suisse romande.
**** Dialogues inachevés avec Maurice Chappaz et la Saga Guggenheim.