Tulalu !? je vous aime

Dans ce pays immense (ou minuscule) et sombre qui se trouve derrière les yeux des écrivains, des phrases informes racontent des histoires. Enfin, des histoires, c’est beaucoup dire. Des dentelles, des voiles, des écharpes de brume, des intempéries indécises, des pleurs ressemblant à un arc-en-ciel, des cailloux durs, des formes indécentes, des vanités et quelques perles. Parfois, pas souvent, tout ce bric-à-brac derrière les yeux finit par faire un livre. Et quand c’est le cas, il va falloir lui donner des respirations, de l’air, des souffles, des hoquets, il faudra le faire vivre, sans la claque qu’on donne au cul des nouveau-nés, le livre risque de mourir étouffé.
Tulalu !?
Parce que. Parfois. Le silence. Est. Partout.
Tulalu !?
Pour regarder le jardin obscurci de notre imagination, la nôtre à toutes et à tous, commune, intime, secrète, normée, fuyante, inclassable.
Tulalu !?
Pour écouter le fracas des armées des mots qui cavalcadent dans nos têtes, sur de grands chevaux noirs, des ânes à croix de Jérusalem ou de charmants bidets aux pattes un peu tordues.
Tulalu !?
Pour jeter partout, comme des papiers déchirés, les mots invalides, en béquilles, parfois soutenus par des notes, des voix, merveilleuses, éraillées, douces, blessantes, remplies de sincérité. Aussi imparfaites que la vie et les mots.
Tulalu !?
Derrière nos yeux étroitement fermés, les mots, les phrases et les histoires, comme un lent effeuillage sans objet précis, mais aspirant à la célébrité.
Tulalu !?