Lundi 26 octobre 2026, 19 h
Bibliomedia, Rue Dr César-Roux 34, 1005 Lausanne (voir sur Google Maps)
Nous partons en Afrique du Nord avec Lolvé Tillmanns et son roman Colon ne s’écrit pas au féminin (Cousu mouche, 2026). L’artiste visuelle Céline Burnand expose des images faisant écho au texte. Cyril Dépraz, journaliste et auteur du podcast « Nos esclaves », encadre la rencontre.
Née en 1982, Lolvé Tillmanns grandit dans la campagne vaudoise. Spécialiste du secteur énergétique, elle travaille dans ce domaine pendant cinq ans. Elle présente sa démission pour se lancer tout entière dans la littérature en 2011.
Son travail interroge l’utilisation de la fiction afin de transformer des évènements de la Grande Histoire en une histoire qui a concerné de véritables individus. Elle publie, principalement des romans, depuis 2014. Elle a gagné trois bourses, en 2013 afin d’écrire trois mois à Gênes, en 2017, pour une résidence de six mois à Buenos Aires et en 2023 dans le cadre de la Biennale de Ouidah au Bénin. Elle propose des ateliers d’écriture à tous les publics et coache des auteurices amateurs et professionnelles. L’édition algérienne de Colon ne s’écrit pas au féminin est attendue à l’automne 2026 aux Éditions Casbah (Algérie). www.lolvetillmanns.ch
Colons ne s’écrit pas au féminin
Colon ne s’écrit pas au féminin a pour ambition de dresser le portrait d’une entreprise coloniale suisse en Algérie – en particulier son installation à la moitié du 19ème siècle – et ce, grâce à trois points de vue : l’épouse d’un des banquiers fondateurs de la Compagnie, une paysanne vaudoise devenant colon et une adolescente algérienne subissant cette colonisation, trois femmes, trois générations et trois positions sociales complètement différentes afin de mieux cerner les tenants et les aboutissants de la Compagnie genevoise et peut-être de contribuer à la compréhension du phénomène colonial en général.
Si le texte utilise les ressorts de la fiction, un important travail de documentation a été effectué ainsi qu’un voyage de recherches à Sétif en 2022. Par ailleurs, le roman a été relu par le Prof. Lützelschwab (Université de Neuchâtel, Suisse) dont le doctorat traite de la Compagnie genevoise.
Depuis trente ans, Cyril Dépraz explore le journalisme sous différentes formes. Son travail s’articule autour des récits de vie, des questions éthiques, sociétales et d’identité. Il a réalisé plusieurs films qui interrogent l’histoire et ses résonances contemporaines. « À mort la sorcière » (2022), réalisé avec Maria Nicollier, revient sur la chasse aux sorcières en Suisse, une des plus féroces d’Europe.
Cyril Dépraz investit également le podcast comme support d’investigation et de narration. « Au terrible temps des sorcières » (2022) prolonge les recherches réalisées pour « À mort la sorcière » et propose un récit inédit mêlant archives, analyse et récit personnel. « Nos esclaves » (2024) explore quant à lui les multiples implications suisses dans l’esclavage. Il travaille actuellement, avec le réalisateur Pierre Monnard, à une série de films documentaires sur le même sujet, dont la sortie est prévue début 2027.
Céline Burnand a étudié les arts visuels, l’histoire de l’art et du cinéma et la littérature anglophone, avant de se former à l’anthropologie visuelle. Le voyage et la rencontre avec d’autres personnages, historiques et fictifs, nourrissent sa pratique artistique. Elle a séjourné à Oakland, Madrid, Paris, Berlin et Bogotá, et a vécu huit ans au Caire où elle a appris l’arabe et développé deux recherches : l’une sur la symbolique du serpent dans une confrérie soufie, l’autre sur les archives d’un sanatorium du désert fondé en 1926 par son ancêtre à la demande du Roi d’Égypte.
Son travail, principalement sous forme d’installation, mêle dessin, film, photographie, texte et performance, et s’intéresse à l’histoire, ses silences et ses brèches, et se développe sous la forme d’enquête, de portraits, de déambulations et de re-enactement. Elle expose en Suisse et à l’étranger et a reçu le Prix Alice Bailly en 2012 et la Bourse des arts visuels du Canton de Vaud en 2018.


